La methode Quertant
La méthode de G. Quertant : normalisation de l’équilibre neuro-psychique
Un vide thérapeutique
75 % de la population présente des troubles fonctionnels somato-psychiques et psychosomatiques. Ces sujets, sains de corps et d’esprit, donc n’étant pas des malades, ne bénéficient pas des progrès de la médecine. Ils restent lourdement handicapés dans leur vie psychologique, l’épanouissement de leur personnalité et leur capacité de s’intégrer dans la vie sociale.
Ces troubles peuvent être classés sous les rubriques suivantes :
a) Troubles sensoriels
qui se manifestent alors que les organes des sens sont sains et bien conformés :
- Myopie, strabisme, diplopie,hypersensibilité au bruit,hypersensibilité à la lumière, confusion auditive, manque et excès de réflexivité tendineuse, crampes de l’écrivain, bégaiement, dyslexie, dysorthographie, aphasie, inadaptation scolaire, hallucinations visuelles, auditive, tactile, etc...
b) Troubles neurovégétatifs
Nervosisme avec répercussion sur les systèmes de la vie végétative :
- Céphalées, troubles du sommeil,insomnies, somnolence, fatigue au réveil, fatigue chronique,vertiges, vomissements incoercibles, migraines,maux de tête, palpitations cardiaque, et extra-systoles, malaise vagal,attaques de panique, nervosité, timidité, anxiété, angoisses, phobies, claustrophobies, agoraphobies, spasmes vasculaires, rougissements, troubles sexuels, troubles hormonaux, troubles de la puberté et de la ménopause,troubles digestifs, inappétence, boulimie,anorexie, aérophagie, diarrhées, constipation, énurésie, spasmophilie, allergies, etc...
c) Troubles psychiques
- Troubles de caractère, troubles du sommeil,insomnies,fatigue chronique, dépression, inapplication, paresse, timidité, nervosité, émotivité, perte de mémoire, de volonté, THADA(trouble de l'yperactivité avec déficit d'attention) caprices,anxiété, angoisses, fringales, onychophagie, tics, irritabilité, crises de larmes intempestives, rougissements, anorexie,boulimie, troubles sexuels, mythomanie, phobies, agoraphobies,claustrophobies,attaques de panique, mélancolie anxieuse, tocs (troubles obsessionnels compulsifs), peurs, manies, complexes d’infériorité, bégaiements, rêves, cauchemars, etc...
Il convient d’y ajouter tous les choqués postopératoires, les commotionnés des suites d’accidents, de chocs émotionnels, surmenés physiques et intellectuels, déprimés, etc...
Une alternance à la fois thérapeutique et pédagogique
Un chercheur français, Georges Quertant, a été le premier, entre les deux guerres, à mettre en évidence :
- Le rapport possible entre ces différents troubles et un dérèglement des centres régulateurs de la base du cerveau (hypothalamus, formation réticulée, etc...) et surtout,
- Le lien étroit entre le bon fonctionnement de la vision (vision binoculaire et vision simultanée) et le bon fonctionnement du système nerveux central.
En effet, le système optique humain est un appareil extrêmement complexe : les mouvements oculaires qui sont très nombreux et variés ont une précision qu’aucun mécanisme réalisé par l’homme ne peut égaler. En partant d’une intuition fondamentale, Georges Quertant a découvert que ces mouvements de l’œil fournissent une traduction parfaite de l’activité neuromotrice et peuvent même renseigner sur les attitudes mentales du sujet.
Grâce aux recherches qui ont été menées et lancées en ce domaine par Georges Quertant, on possède aujourd’hui un ensemble remarquable d’éléments permettant :
– d’avoir des informations précises sur le fonctionnement de tous les centres régulateurs de la vie sensorielle et motrice, neurovégétative et psychique,
– d’exercer une action sur eux par une pédagogie rééducative appropriée et efficace.
Par le canal œil/nerf optique, on a donc le moyen d’accéder aux fonctions motrices conscientes volontaires et par voie de conséquence aux fonctions inconscientes involontaires.
À partir de cette découverte de Georges Quertant, sa fille Marguerite Quertant et ceux qui les ont suivis,notamment les centres CeREN, appliquent avec succès depuis 60 ans, dans une finalité à la fois thérapeutique et pédagogique, une méthode de neurophysiologie appliquée, la Culture psycho-Sensorielle (CPS), et qui consiste en deux phases :
– détection des troubles fonctionnels ou « Dépistage »,
– rééducation proprement dite ou « Training ».
➥ Biométrie de dépistage
Pour le dépistage comme pour le « training », Georges Quertant a modifié, perfectionné et décliné le diploscope de Rémy dans un ensemble de huit appareils utilisant certaines formes de lumière, excitants naturels de l’appareil optique.
Le principe du test est le suivant :
– Le sujet perçoit une image qui est le résultat combiné de la réponse de l’œil grâce au mouvement du système oculomoteur et du phénomène visuel élaboré par le centre nerveux.
Ensuite, le pédagogue évalue la déviance de cette image visuelle perçue par rapport à l’image visuelle normale qui correspond à la réalité de l’image-test présentée dans l’examen : c’est cette déviance qui fournit le signe objectif du mauvais fonctionnement des centres nerveux régulateurs ou taux de nervosisme.
Les appareils conçus par Georges Quertant pour l’examen et la rééducation sont capables de révéler les moindres déviations dans la position de l’œil. Ils permettent de contrôler plus de 6000 mouvements de l’œil, donc d’avoir accès à plus de 6000 fonctions de la base du cerveau.
Rééducation des centres nerveux régulateurs ou « Training »
Il s’agit d’une véritable méthode éducative utilisant les principes même de l’apprentissage : répétition et progression.
Cette méthode est à base d’exercices utilisant les mêmes images-tests que dans le dépistage dans le but de soumettre directement les centres nerveux régulateurs à un processus d’apprentissage, utilisant une technique de correction par voie d’impulsion rétroactive normalisatrice.
C’est par la répétition de l’effort que la perception correcte de l’image est obtenue cette répétition permet l’acquisition progressive d’automatismes qui restaurent le fonctionnement normal des centres régulateurs de la base du cerveau.
En outre, les images-tests employées pour la rééducation sont présentées dans une progression qui suit un ordre chronologique rigoureux adapté au sujet : pour que les centres régulateurs de la base du cerveau retrouvent un fonctionnement équilibré, il est indispensable de procéder par paliers, certains automatismes devant être acquis avant que d’autres soient sollicités.
Le dernier palier d’exercices utilise des images qui ont justement la propriété d’intégrer dans un ensemble stable les nombreux automatismes régulateurs acquis ou restaurés au cours des exercices précédents.
➥ Résultats obtenus
Bien entendu, l’objectif immédiat est de normaliser les relations existant entre les différents groupes de centres nerveux de chaque hémisphère cérébral ainsi que celles, d’importance majeure, existant entre les deux hémisphères eux-mêmes (bilatéralité).
Mais le meilleur fonctionnement des centres nerveux régulateurs a une action bénéfique directe sur l’ensemble de l’organisme du sujet avec des effets dans sa vie neurovégétative et psychique : il se produit pour lui une sorte d’effet interactif extrêmement positif entre une transformation de son organisme et l’amélioration de cette faculté de voir l’image normale qui est précisément la manifestation de cette transformation profonde.
Il est nécessaire d’ajouter quelques précisions pour distinguer la Culture Psycho-Sensorielle (CPS) des méthodes destinées directement à corriger la vue, par exemple l’orthoptie.
La CPS n’utilise l’œil que dans une conception cybernétique, c’est-à-dire comme voie d’accès aux centres régulateurs de la base du cerveau et du tronc cérébral, étant supposé que les organes des sens sont sains et normalement constitués.
Si ce n’était pas le cas, par exemple pour les yeux, le sujet serait adressé préalablement à un ophtalmologue pour une examen approprié.
Néanmoins, il en résulte bien souvent des effets bénéfiques sur la vision elle-même mais par voie indirecte, ceux-ci étant le résultat indirect de la meilleure santé des centres régulateurs.
En outre, il faut signaler qu’une certaine partie de la population qui souffre de maux énumérés au début de cet exposé, a recours à des techniques psychothérapeutiques.
Or, sans exclure celles-ci, il faudrait que, dans leur intérêt, ces patients soient orientés, au moins pour un dépistage, vers la Méthode de G.Quertant qui se révèle souvent comme ayant une efficacité de plus longue portée que la psychothérapie et avec une action beaucoup plus rapide.
Cette opinion est corroborée par des témoignages de médecins, psychiatres et patients eux-mêmes libérés de leurs symptômes par la CPS : il s’est avéré que des patients en cours de psychothérapie ou d’analyse ont accepté de se soumettre à l’examen de la CPS et ont obtenu des résultats plus rapides et supérieurs à ceux obtenus par l’analyse elle-même, notamment dans les phobies, obsessions et anorexies.
La CPS et la psychothérapie ne s’excluent pas et peuvent avoir un rôle complémentaire ; mais il y a néanmoins de nombreux patients qui sont rétifs à l’idée de se soumettre à des thérapies de caractère analytique et se trouvent donc soulagés de trouver en la CPS un traitement qui les dispense d’entrer dans un processus analytique qu’ils appréhendent.
Si l’on se reporte au bilan statistique portant sur une période de cinq ans présenté par Mademoiselle Marguerite Quertant lors de son exposé au congrès international de Monaco, on voit que la CPS tient amplement les promesses énoncées par son fondateur : sur 776 cas divers allant des tics aux troubles du caractère, en passant par le bégaiement, l’énurésie et la dyslexie, soumis aux exercices du training pendant une durée variant de 18 à 36 mois, 718 cas - soit 92 % - ont abouti à une normalisation complète.
Ceci est insignifiant, comparé à la multitude de ceux qui, avec un peu de persévérance et d’effort, pourraient se voir délivrés définitivement de problèmes qui empoisonnent littéralement leur existence.
D’une façon plus générale, cette méthode mérite en fait l’appellation de « Pédagogie Nerveuse » plutôt que « Thérapie » : en fournissant au système nerveux les moyens de créer, de stabiliser et maintenir son propre équilibre, elle peut permettre à tous d’accéder à la santé psychique et de l’entretenir : joie de penser et d’agir en pleine possession de ses activités sensorielles, neurovégétatives, intellectuelles et psychiques.
Qui fut Georges Quertant ?
Né en 1894, Georges Quertant consacra la première partie de sa vie à la musique. C’est ainsi qu’il fut professeur de piano et de musicologie, fondateur de la société symphonique. Puis il devint chef d’orchestre et directeur artistique de l’association Beethoven de Cannes. Il a dirigé plus de 300 concerts et écrit de nombreuses œuvres.
Parallèlement, il entreprit des recherches expérimentales sur la neuro-somato psychologie. Il fut aussi un précurseur de l’électro encéphalographie.
En 1930, il créa la Neuro-bio-mécanique et fut un des pionniers de la cybernétique.
En 1935, il dut faire le sacrifice d’abandonner en partie ses activités artistiques pour se consacrer uniquement à son œuvre neuro-pédagogique.
En 1952, Georges Quertant reçut la légion d’honneur en récompense de ses travaux qui avaient été officialisés en 1942 et en 1946 par les pouvoirs publics.